« La fraternité, point d’orgue de notre devise républicaine, est ce qui peut nous sauver, nous et notre planète » (Huffpost, 10 octobre 2018)

« Fraternité générale ! » Fraternité avec l’ensemble du vivant, les animaux et la nature. Fraternité humaine entre les peuples, avec les réfugiés que nous devons accueillir, et dans toutes les sociétés multiculturelles autour de valeurs communes. Fraternité aussi – on n’y pense jamais – de chacun d’entre nous avec lui-même, dans une existence qui réconcilie ce que l’on porte au fond de soi et ce que l’on fait de sa vie. Trois fraternités liées, donc, triple lien à soi, aux autres, à la nature. Au lieu de quoi ? Au lieu d’un environnement toujours plus massacré. Au lieu de divisions toujours plus dangereuses entre croyances, ainsi qu’entre riches et pauvres. Au lieu d’existences privées de sens, aliénées par des esclavages terribles au travail et à la consommation. Sauver la planète, sauver la justice et la paix, sauver notre être. La fraternité n’est pas seulement le point d’orgue de notre devise républicaine, elle est un projet de civilisation à l’échelle de l’humanité. Car elle est écologique, géopolitique, économique, technologique, sociale, éthique et existentielle. Et c’est exactement de cela dont nous avons aujourd’hui le besoin le plus urgent: une vision d’ensemble, qui fasse converger tous les efforts de celles et ceux qui veulent une autre société ; un cap systémique, un même but qui mette en synergie toutes celles et tous ceux qui agissent déjà pour remplacer le système existant par un nouveau chemin de civilisation.

« La fraternité comme politique publique » (Le Monde, 15 mai 2015)

« Si la République a été coupable du pire en créant en 2007 le sinistre ministère de l’identité nationale et de l’immigration, elle doit être aujourd’hui capable du meilleur en ayant l’audace de créer un ministère de la fraternité. Mais pour cela, nous devons vaincre le préjugé tenace que la fraternité est un principe idéal, et restera toujours un horizon lointain, une transcendance, une valeur incapable de descendre de l’altitude de nos frontons et de la façade de nos institutions pour s’incarner réellement dans des politiques publiques – et pour s’installer dans le cœur humain.