Parution aujourd’hui de mon livre « Démocratie en danger »

À l’heure où, enfin, la crise sanitaire semble derrière nous, nous sommes nombreux à éprouver, outre un grand soulagement, le besoin d’une première prise de recul, d’un premier bilan critique. Que s’est-il donc passé ? La pandémie a mis à mal nos sociétés à l’échelle mondiale, en leur imposant une épreuve très rude à bien des égards. Mais comment avons-nous réagi ? L’avons-nous fait de manière juste et démocratique ?

Le Festival des liens du 13 au 15 mai 2022 à la Saline Royale d’Arc-et-Senans

Chères amies, chers amis,

Je suis très heureux de vous inviter  les 13, 14 et 15 mai au Festival des Liens, organisé dans un lieu exceptionnel : la Saline Royale d’Arc-et-Senans. 

Intervenants et invités, tous tisserandes et tisserands dans l’âme, seront conviés le temps d’un week-end à faire vivre et partager leur vœu commun d’une vie à nouveau bien reliée autour de conférences, tables rondes, dialogues et concerts axés sur 3 dimensions majeures : le lien à soi, le lien aux autres et le lien à la terre et au vivant.

Restaurer ces trois liens d’or, c’est aussi, par un juste équilibre, savoir se mettre par moments en retrait de l’agitation du monde, retrouver le chemin de l’intériorité. C’est à ce titre que des temps de silence partagé et des temps de méditation font partie intégrante du programme des trois journées du Festival des Liens.

Retrouvez la présentation complète du festival ainsi que l’ensemble du programme jour par jour dans le dossier de présentation.

https://www.salineroyale.com/evenement/le-festival-des-liens/

Dossier-présentation-Festival-des-liens-v2022-3

La revue La Fraternité d’Abraham (numéro de décembre 2021) présente mon travail et mon engagement

ABDENNOUR BIDAR, PROPHÈTE DE L’ÂME

Par Patrice Obert

Membre du comité directeur de la Fraternité d’Abraham Président de Ecritures et Spiritualités et des Poissons Roses

Abdenour Bidar promène avec simplicité sa carrure de rugbyman. Grand admirateur du Clermont Université Club, il garde de sa pratique de ce sport le goût de la persévérance, l’audace de la percée, le sens du collectif. Il peut être déroutant de voir cet homme trapu développer avec brio ses réflexions intellectuelles et s’adresser, à celles et ceux qui viennent l’écouter, avec une étonnante fraîcheur de ton et l’envie de transmettre ses convictions et de leur parler du fond du cœur. On ne sort jamais indemne d’une conférence d’Abdennour Bidar.

Je n’ai pas la prétention de brosser un portrait exhaustif de ce philosophe, ancien élève de l’ENS, croyant musulman et soufi, essayiste, par ailleurs inspecteur général de l’Education nationale, plus spécialement chargé de la question de la laïcité au Ministère de l’Education nationale.

Depuis 2004, Abdennour Bidar trace un même sillon en s’adressant à ses frères musulmans et à ses frères occidentaux. Il se définit en effet par l’appartenance à deux cultures, l’islam de sa famille, l’Occident de son éducation et de sa langue. Il parle de lui comme d’un « isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident ». Avant l’année 2015, ensanglantée par les attentats de janvier (Charlie-Hebdo) et de novembre (Bataclan), il interroge ses coreligionnaires dans plusieurs ouvrages, Un islam pour notre temps (Seuil, 2004), Self Islam, histoire d’un islam personnel (Seuil, 2006), L’islam sans soumission (Albin Michel, 2008). Mais son propos prend de l’ampleur après le choc terrible de cette année-là. Dès janvier, il publie une Lettre ouverte au monde musulman (Les Liens qui libèrent, 2015), puis élargit son appel avec son Plaidoyer pour la fraternité (Albin Michel, 2015). Inlassablement il revient à la charge, tisserand de l’espérance, jusqu’à faire paraître un drôle de poème épique en prose en 2021, Révolution spirituelle ! (Almora) suivi la même année d’un essai au titre surprenant Génie de la France (Albin Michel).

Que nous dit-il ? Nous vivons une phase de transition qui doit nous mener vers une civilisation humaine de la fraternité universelle, car l’humain a été créé pour être lui-même créateur dans une relation « à l’infini qu’il porte en lui- même et qui l’attend au-delà de lui-même ». Cet accouchement est difficile car il doit prendre acte que nos deux civilisations sont moribondes. L’une et l’autre, en miroir, ont perverti ce lien. L’Occident l’a coupé en nous mettant face au néant. Il ne nous offre plus qu’un univers de consommation, matériel, dominé par l’argent et la technique. L’islam a utilisé ce lien pour ligoter les musulmans dans une « religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive ». Ce qu’il résume dans une formule lapidaire « tan- dis que l’Occident a tranché le lien sacré entre l’homme et l’infini, toi [cher monde musulman], tu étrangles l’homme avec ce même lien de l’infini ». Les occidentaux accusent l’islam d’avoir mis en place un système de soumission, les musulmans accusent l’Occident d’avoir basculé dans le matérialisme.

Or le secret de l’islam, selon Abdennour Bidar, est d’avoir fait de chaque être humain le khalife de Dieu sur Terre. Mais l’islam est devenu une « religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience ». Quant à l’Occident, s’il a apporté les droits de l’homme, le progrès scientifique et la sortie de la religion, il s’est dévoyé dans un hymne à l’individu, méconnaissant cet enseignement de toutes les sagesses, un être humain n’est rien sans les autres. Comme l’Occident « ne connaissait plus rien à la magie du lien sacré, celle-ci s’est retournée contre lui en fabriquant aussitôt des liens diaboliques : [ceux] de l’aliénation des masses aux fascismes et aux totalitarismes du XXème siècle, les liens de servitude au capitalisme puis au libéralisme ».

Une mission l’obsède : comment éclairer les chemins du présent en rendant vivant nos héritages ? Comment relire nos traditions spirituelles comme des ressources infinies capables de nous aider aujourd’hui ?

Il faut sortir des sentiers communs. Ainsi, l’alternative l’islam est incompatible avec la Modernité/ l’islam est parfaitement compatible avec elle, est mortifère. Revenir au texte et les confronter à la vie, aux pensées contemporaines. Abdennour Bidar confirme cette évidence trop souvent oubliée : un texte religieux ne vaut que par la lecture qu’en font les contemporains. Quelle lecture font du Coran les musulmans d’aujourd’hui ? Ceci vaut pour tous les croyants.

Quant à nous, occidentaux, fils des Lumières, nous devons prendre conscience que la Modernité a oublié, méprisé la dimension spirituelle de l’être humain. Nos systèmes politiques, économiques, intellectuels enferment l’individu dans des fonctions matérielles de production et de consommation et étouffent son âme. L’âme… Il y a bien longtemps que nous n’avions pas entendu parler d’elle. Particulièrement dans notre France, si originale avec son taux de non-croyants atteignant désormais près de 50% de la population. Catherine Challier, philosophe spécialiste d’Emmanuel Lévinas, n’écrit-elle pas, dans son récent ouvrage Comme une clarté furtive – Naître, Mourir (Bayard), « de tels propos paraissent relever de spéculations d’un autre âge et le mot même d’« âme » a perdu de son aura pour beaucoup de gens ». Cette âme de notre pays, Abdennour Bidar cherche à la cerner dans son dernier livre Génie de la France. Il la voit dans notre quête d’une « spiritualité laïque », qu’il définit d’une façon originale dans la mesure où elle nous orienterait vers une nouvelle alliance du spirituel et du politique. Laïcité comme double ascèse : une ascèse individuelle de chacun (face à la paresse ou la lâcheté de sa pensée, aux illusions et aux vanités de son ego) et une ascèse de l’Etat, qui doit faire respecter la neutralité de l’Etat.

Notre époque se caractérise selon moi par de multiples signes désespérants (inutile de revenir sur tous les maux qui nous accablent et font le lit de l’actualité) et de non moins nombreux signaux faibles, qui témoignent qu’un monde nouveau est en germe, à bas bruit. Au cœur de cette renaissance silencieuse, la redécouverte de la « personne reliée » (chère au chrétien, disciple d’Emmanuel Mounier, que je suis) témoigne de la nécessité, et de l’évidence, de tisser des liens, entre nous, humains, entre nous et la création, entre nous et cette transcendance qui nous dépasse. Autrement dit, pour reprendre l’expression d’Abdennour Bidar, de prendre soin des « trois liens d’or : le lien à soi, le lien à autrui, le lien à l’univers : intériorité, fraternité, unité ». Je me retrouve pleinement dans la démarche d’Abdennour Bidar. Dès 2006, j’ai cherché dans un essai consacré à Modernité et monothéismes (Karthala) à identifier le rapport compliqué entre notre modernité et les trois branches monothéistes, m’interrogeant – sans doute de façon maladroite – sur la signification historique et théologique de l’apparition successive de ces trois religions qui n’en finissent pas de se « réveiller » l’une l’autre et d’apporter à notre monde l’appel, ou le rappel, que notre univers n’est pas que matière. Abdennour Bidar nous invite à retrouver en nous-même le vide par une pratique spirituelle quotidienne de la méditation et de la prière, ce vide qui seul peut nous mettre en tension avec le Tout-Autre et nous redonner de « l’altitude ».

Face au morcellement spirituel contemporain, aux ébranlements de nos religions comme institutions, aux interrogations majeures de nos sociétés, aux impasses enfin auxquelles se confronte une globalisation mercantile, la relecture des écrits du monothéismes, Bible, Evangiles, Coran mais aussi des grands textes des traditions et sagesses orientales est, selon Abdennour Bidar, une clé capable de nous ouvrir le vocabulaire de la promesse et de l’eschatologie, la compréhension du « il va se passer des événements… ». Toutes nos civilisations, y compris l’Inde et la Chine « vont devoir entrer à leur tour dans cette humble logique de la contribution globale, du partage mondial de leurs crises, de leurs maladies et de leurs remèdes ».

Abdennour Bidar s’engage personnellement, non seulement par ses écrits, dans lesquels il ose se confier sur son enfance et ses expériences mystiques, mais aussi en fondant, dès août 2015, avec la psychologue Inès Weber, le Sésame, un centre de culture spirituelle où athées, agnostiques, croyants de toutes confessions peuvent venir vivre et partager ensemble leurs grandes questions de sens, sans frontières, sans dogmes et sans hiérarchie, en se nourrissant aux héritages des traditions de sagesse – philosophique, mythologique, religieuse, mystique, poétique – d’Orient et d’Occident [ centre-sesame.fr ].

Abdenour Bidar reste ouvert aux critiques que tels ou tels aspects de son œuvre peuvent susciter, sur son analyse du sacré, sa conception d’une « spiritualité laïque » ou le risque d’un syncrétisme ou d’un relativisme. Il n’en reste pas moins une voix particulière, exigeante et bienveillante, à beaucoup d’égards prophétique, par laquelle il nous invite à réinterpréter sans nous lasser les textes anciens en les confrontant au monde contemporain afin qu’ils nous aident à donner du sens au monde et à surmonter nos peurs.

FRATERNITÉ D’ABRAHAM | N°192

Parution de mon livre Génie de la France

Bonjour à toutes et tous,

J’ai le grand plaisir de vous annoncer la parution de mon livre Génie de la France, chez Albin Michel :
« Penser, c’est dire non », disait le philosophe Alain dans ses Propos sur les pouvoirs. Ainsi l’esprit français est-il, à ses meilleures heures, un esprit rebelle et libre penseur, un esprit de résistance et d’insoumission qui s’indigne contre l’injustice et se dresse contre toutes les répressions, oppressions et dominations. Bien sûr, nous n’avons pas toujours été historiquement à la hauteur de ce génie, et nous nous sommes parfois endormis ou trahis. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Où est passé ce génie révolté ? Il y a « non » et « non », il y a le « non » à l’injustice mais aussi le « non » réactionnaire, le « non » de haine qui n’exprime hélas que la peur et le rejet de l’autre. Or dans notre société à présent, comment ne pas s’alarmer de la montée de ce « non » de haine entre identités, communautés, classes sociales, opinions différentes qui ne se supportent plus les unes les autres ? Comment ne pas s’alarmer de voir à ce point les gens dressés les uns contre les autres? Et comme dans toutes les sociétés de masse du village planétaire, le véritable esprit critique a été laminé, au point que nous subissons l’asservissement et l’abrutissement du système avec une docilité confondante. Va-t-on enfin se réveiller ? Retrouver le sens d’une indignation puissante et juste ? Voilà la question que je pose dans ce livre, Génie de la France. Il y est question de notre histoire, de notre présent, de notre avenir, et de ces grands idéaux de liberté, égalité, fraternité, laïcité, auxquels nous n’arrivons plus à donner une réalité vivante, généreuse et qui nous rassemble. Voilà pourquoi j’ai écrit ce livre, pour nous rassembler avec et par-delà nos différences et toutes nos divergences, dans un génie retrouvé, ce Génie de la France qui est celui de la liberté et de la concorde. Nous n’en avons pas le monopole dans le monde, c’est simplement notre part d’un universel, mais c’est notre responsabilité la plus urgente de la faire exister et rayonner.
Voici également le lien de mon entretien sur le livre avec André Bercoff sur Sud Radio :

Bien à vous,
Abdennour

Mon poème Révolution Spirituelle existe désormais en livre audio …

Parce qu’un poème est avant tout sonore, je suis heureux de vous annoncer que Révolution spirituelle!, paru en janvier 2021 aux éditions Almora, existe désormais en livre audio sur audible, vous pouvez en écouter un extrait gratuitement via ce lien :

https://www.audible.fr/pd/Revolution-spirituelle-Livre-Audio/B08SBSZYH5?action_code=ASSGB149080119000H&share_location=pdp&shareTest=TestShare

Et ici la petite vidéo de présentation qui a accompagné sa sortie :

https://www.facebook.com/abdennour.bidar.9/posts/229397555386184

Bonne écoute !

Édito – Nouvelle parution d’Abdennour Bidar dans l’ouvrage collectif Islam After Liberalism (octobre 2017)

En octobre 2017 est sorti un nouvel ouvrage collectif dirigé par Faisal Devji et Zaheer Kazmi et intitulé Islam After Liberalism. Vous y retrouverez un nouvel article d’Abdennour Bidar : « A New Deal Between Mankind and its Gods ». Dans ce livre, des chercheurs éminents discutent de la façon dont l’islam et le libéralisme ont été liés historiquement et politiquement et comment les musulmans ont réfléchi à cette relation.

Édito – Nouvelle édition augmentée de L’islam face à la mort de Dieu (septembre 2017)

Précédemment paru sous le titre L’islam face à la mort de Dieu, ce livre est ici augmenté d’un chapitre inédit consacré à la délicate question de l’héritage politique de Iqbal et s’intitule L’Islam spirituel de Mohammed Iqbal. Figure spirituelle majeure de l’Islam du sous-continent indien, Mohammed Iqbal (1873-1938), juriste et poète, a souvent été surnommé le « Luther de l’islam ».

Édito – Charter of the Heirs of Islam (juin 2017)

Hello to each one of you. I would like to send out a message. We who are heirs to the Islamic faith have received as our legacy a spiritual culture that is presently being held hostage by barbarity. It is high time we did something about it. We cannot leave this, our treasure, perish in the hands of those who distort it in the name of their narrow, backward view of what it represents. We cannot let it be perverted by terrorist monsters. That is why we can no longer just keep repeating Islam needs to “be reformed”. If we are serious about this, if we really want to give rise to a new Islam of Enlightenment, within ourselves and around us, then we have to solemnly proclaim two principles.