Les sources
J’ai grandi à Clermont-Ferrand où je suis né en janvier 1971. J’ai été élevé par ma mère dans une double culture française et musulmane. J’ai ensuite étudié la philosophie jusqu’au titre de docteur. J’ai également reçu une initiation soufie à l’âge de 19 ans. Pour celles et ceux qui pourraient être intéressés, j’ai raconté mon parcours dans le livre Self Islam, Histoire d’un islam personnel (Éditions du Seuil, 2006).
La pensée et les livres
J’ai commencé à écrire sans relâche à partir de 2003. J’ai publié mon tout premier article, « Lettre d’un musulman européen », dans la revue Esprit (Paris). Puis j’ai consacré ma thèse de doctorat en philosophie à la pensée prodigieuse du réformiste musulman indien Mohammed Iqbal (1873-1938), qui est l’une de mes sources d’inspiration majeures.
Depuis, j’ai publié de nombreux essais consacrés à une élucidation patiente des formes que peut prendre aujourd’hui notre vie spirituelle, dans une époque très troublée. Quelle heure est-il dans la civilisation humaine ? Je me suis concentré sur cette question à partir d’une méditation sur l’islam, depuis mon livre Un islam pour notre temps en 2004 jusqu’à L’islam du coeur en 2026. Mais j’ai choisi aussi d’autres portes d’entrée vers la même interrogation : la fraternité, l’humanisme, et la nécessité de « réparer ensemble le tissu déchiré du monde » (Les Tisserands, 2016).
L'engagement dans la société
Sur le plan professionnel – car on me demande souvent ce qu’on peut faire avec des études de philosophie ! – j’ai toujours été au service du ministère de l’Éducation nationale, d’abord en enseignant la philosophie pendant vingt ans puis dans la haute fonction publique.
En 2013, j’ai été nommé personnalité qualifiée de l’Observatoire national de la Laïcité par le Président de la République François Hollande. J’ai aussi été membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), jusqu’en 2024.
En septembre 2015, la ville de Nancy m’a fait l’immense honneur du prix du Livre et Droits de l’Homme de la ville de Nancy pour mon Plaidoyer pour la fraternité, et à partir de 2026, je me suis investi dans l’association Fraternité Générale, convaincu que dans une France trop fracturée c’est autour de cette notion de fraternité que nous pouvons nous rassembler toutes et tous.
Après une période de forte présence dans le débat public et les médias lors de la période des attentats terroristes qui ont tragiquement endeuillé la France, parce que considérais qu’il y avait là une responsabilité pour le penseur musulman, j’ai progressivement choisi de ne plus intervenir que rarement dans les médias.
Je m’efforce aujourd’hui de consacrer de plus en plus mon temps à l’écriture, à mon travail dans le domaine de l’éducation et à la transmission de mon enseignement spirituel.
La transmission et la liberté spirituelle
Avec la psychologue Inès Weber, nous avons créé en 2015 le Sésame, un centre de culture spirituelle consacré à la transmission des grands héritages de sagesse philosophiques et religieuses d’Orient et d’Occident, et à cette question qui n’a cessé depuis de guider notre recherche : comment donner une dimension spirituelle à nos vies dans les conditions du temps présent ?
En 2024, nous avons franchi une nouvelle étape en ouvrant en Drôme provençale le Domaine des Tisserands, un lieu de vie et d’enseignement spirituel laïque où se poursuivent désormais notre recherche et ma transmission.
Cette transmission a deux dimensions : d’une part, l’éveil des consciences musulmanes à ce que je nomme L’islam du coeur (Robert Laffont, 2026); d’autre part, un enseignement qui s’adresse plus largement aux chercheurs de sagesse de toutes confessions et convictions, tel qu’il est présenté dans Le Témoin (Gallimard, 2026). Les deux enseignements sont ouverts à toutes et tous.
Je développe là une éducation à la liberté personnelle, c’est-à-dire à l’autonomie spirituelle par laquelle chacun devient capable de trouver et approfondir son propre chemin, au plus loin des voies « standards » et des injonctions extérieures. Comment devenir un « héritier libre et singulier » de la voie qu’on a choisie ? Comment devenir ensembles « héritiers créateurs » de nos traditions de sagesse ?
Cette liberté spirituelle n’est ni absence d’exigence ni licence de faire « tout et n’importe quoi ». Rien de plus exigeant que la liberté spirituelle. Elle requiert d’apprendre à entendre son propre appel intérieur. Comme je l’écrivais dans Un islam pour notre temps : « Il y a tout un art de l’écoute de soi et de la décision spirituelle qui demande à être éduqué ». C’est cette lucidité – ou lumière intérieure – que nous apprenons à allumer et à préserver jour après jour au Domaine des Tisserands.