« Nul besoin d’aller à la mosquée » (L’Obs, 12 mars 2017)

« Je lis dans le livre de Didier Leschi Misère(s) de l’islam de France ce reproche à « l’intellectuel musulman » : « A l’instar d’un Georges Bernanos qui allait à la messe, se confessait et communiait, nous aimerions que ledit intellectuel musulman se rende à la mosquée, qu’il relate dans un magazine le choc spirituel que lui aurait causé son pèlerinage à La Mecque et qu’il publie, dans un même élan, un libelle intitulé Les Grands Cimetières sous les dunes qui, partant d’une lecture généreuse du Coran, ferait date dans la critique de ces sociétés qui renvoient la majeure partie de l’humanité au sort peu enviable de mécréants. »

« Islamique, islamiste : la fâcheuse confusion de François Fillon » (L’Obs, 2 décembre 2016)

« J’ai lu attentivement le livre de François Fillon « Vaincre le totalitarisme islamique ». Une question m’a très vite accompagné. Pourquoi « islamique » dans le titre puis « islamiste » dans le livre lui-même ? Page 48, plus précisément : « Si je parle de totalitarisme islamiste, c’est en connaissance de cause et non pour faire rouler ces mots dans ma bouche. » Le diable est dans les détails, surtout quand on parle de religion… »

« L’islam, miroir de la crise » (L’Obs, 6 novembre 2016)

« Pourquoi l’islam a-t-il pris cette place centrale dans nos débats publics ? S’il nous interroge et nous déstabilise autant, c’est peut-être qu’il est le meilleur révélateur de notre crise d’identité. Nous avons abdiqué la volonté de nous rassembler autour de valeurs, d’un sacré et de toute idée d’un bien commun, face à deux forces de dissolution que nous avons laissées tout emporter sur leur passage… »

« Le retour du spirituel pour le meilleur et pour le pire » (L’Obs, 24 septembre 2016)

« Nous y voilà. Après deux siècles de reflux, la mer du spirituel remonte. Pour le meilleur et pour le pire. Le pire de pulsions obscurantistes dont les religions n’ont pas réussi à se débarrasser : intolérance et superstitions ; empire de la soumission de la créature à Dieu, de l’individu au groupe, du fidèle au clerc, et trop souvent de la femme à l’homme. Et une radicalité de tous les intégrismes où s’exprime le désarroi d’agonie de systèmes saisis par la terreur de se voir inexorablement mourir… »

« Faites confiance à l’Islam des Lumières ! » (Libération, 29 août 2016)

« De quoi les musulmans de France ont-ils besoin ? D’être représentés, au plus haut niveau, par des personnalités conciliant la double culture. Alors que Jean-Pierre Chevènement est pressenti pour diriger la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, il est urgent de donner la parole aux hérauts d’un islam régénéré… »

« C’est aux musulmans de faire sortir de leurs rangs des femmes et hommes qui incarnent l’alliance réussie de leurs cultures française et islamique » (Le Monde, 11 avril 2016)

« Que faire si l’on ne veut pas que le salafisme domine dans l’islam de France ? Les solutions sont multiples afin de lutter efficacement – c’est de notre responsabilité – contre cette idéologie du prétendu retour à l’islam des origines, qui se caractérise par des signes reconnaissables : une représentation de l’islam comme « vérité absolue » supérieure à toute autre vision du monde ; une conception de la religion comme « totale », qui doit gouverner aussi bien la vie privée que la vie sociale et politique ; une prétendue fidélité au « noyau originel » de la prédication de Mohammed.

« Les musulmans doivent passer à la responsabilité de l’autocritique » (FigaroVox, 19 novembre 2015)

« Suite aux attentats effroyables de Paris, il y a un piège dans lequel nous ne devons pas tomber: la stratégie claire de Daesh est de provoquer le chaos dans la société française en alimentant la peur, qui va nourrir le vote d’extrême droite. Au-delà, c’est le risque que partout en Europe ces attentats aggravent encore la suspicion et le rejet à l’égard de nos concitoyens musulmans en provoquant une flambée de l’intolérance et de la haine… »

« La seule force de Daesh est de profiter de nos faiblesses » (Le Soir, 19 novembre 2015)

« Suite aux attentats effroyables de Paris, il y a un piège dans lequel nous ne devons pas tomber : la stratégie claire de Daesh est de provoquer le chaos dans la société française en alimentant la peur, qui va nourrir le vote d’extrême droite. Au-delà, c’est le risque que partout en Europe ces attentats aggravent encore la suspicion et le rejet à l’égard de nos concitoyens musulmans en provoquant une flambée de l’intolérance et de la haine… »

« L’absence de spirituel est un problème, pas l’islam » (Le Monde, 27 octobre 2015)

« Dans le débat qui vient d’opposer Alain Finkielkraut à Pierre Manent au sujet du « défi considérable que représente la poussée d’un islam fort dans une nation faible », je voudrais faire entendre une voix parmi celles de ces intellectuels de culture musulmane auxquels on reproche souvent de ne pas prendre assez leurs responsabilités. Je souscris entièrement à l’analyse de Pierre Manent lorsqu’il déclare que « le problème le plus alarmant qui assiège la France et l’Europe, c’est une désorientation générale, une impuissance croissante à penser et à vouloir un projet commun. L’irruption de l’islam révèle ce problème, l’aggrave sans doute, mais cette désorientation existe indépendamment de l’islam ».

« Lettre ouverte au monde musulman » (Marianne, 13 octobre 2014)

« Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident !